À peine un mois après avoir assuré vouloir poursuivre l’aventure à Nice, Ineos serait déjà prêt à relancer un processus de vente. Au même moment, le Gym doit assainir ses finances avant la fin du mercato pour espérer reconstruire son effectif. Deux dossiers qui semblent distincts, mais qui racontent en réalité la même difficulté : comment bâtir un projet sportif lorsque l’avenir du club lui-même paraît de nouveau incertain ?
Pendant quelques semaines, les supporters niçois avaient pourtant retrouvé un semblant de sérénité. Après l’échec des discussions avec un investisseur américain en juin, Ineos avait fait savoir qu’il resterait l’actionnaire majoritaire pour la saison à venir. Le message était clair : la page des rumeurs de vente était tournée et le club pouvait enfin se concentrer sur sa reconstruction après une saison 2025-2026 conclue dans la douleur.
Cette stabilité affichée a pourtant été de courte durée. À peine un mois plus tard, plusieurs informations évoquent déjà la préparation d’un nouveau processus de vente. Si cette orientation venait à se confirmer, elle poserait une question que beaucoup de supporters pensaient avoir laissée derrière eux : le projet présenté au début de l’été était-il réellement conçu pour durer, ou seulement pour traverser une période de transition ?
Cette interrogation dépasse largement les coulisses de l’actionnariat. Elle influence directement la manière dont Nice peut préparer son mercato. Lorsqu’un club envisage un changement de propriétaire, les investissements deviennent souvent plus prudents, les décisions importantes sont retardées et les engagements financiers sont étudiés avec davantage de précaution. Sans même qu’une vente soit officialisée, cette seule perspective peut suffire à ralentir la reconstruction sportive.
Or, le Gym n’avait déjà pas besoin d’un obstacle supplémentaire. Avant même de penser à renforcer son effectif, la direction doit d’abord rééquilibrer sa situation financière. Depuis le début de l’été, plusieurs estimations circulent. Certaines évoquent environ 40 millions d’euros à récupérer grâce aux ventes afin de financer les arrivées, tandis que d’autres parlent d’un effort global proche de 70 millions d’euros, en intégrant également la réduction de la masse salariale et les économies attendues sur l’ensemble de l’exercice. Ces chiffres ne décrivent pas exactement la même réalité, mais ils conduisent tous à la même conclusion : Nice ne peut pas mener un mercato ambitieux sans alléger d’abord ses charges.
Les conséquences sont déjà visibles. Plus d’un mois après l’ouverture du marché des transferts, Laurent Abergel, arrivé libre, demeure la seule recrue officiellement enregistrée. Aucun transfert payant n’a encore été finalisé alors que plusieurs secteurs de l’effectif restent à renforcer. Chaque semaine qui passe réduit les possibilités sur le marché et augmente la pression sur Roger Ricort, arrivé cet été avec la mission de reconstruire un groupe profondément marqué par les difficultés de la saison dernière.
Le nouveau directeur sportif n’est d’ailleurs pas le seul à découvrir un contexte particulièrement complexe. Olivier Pantaloni a accepté de lancer un nouveau cycle sur le banc niçois avec l’ambition de redonner une identité à une équipe qui a longtemps flirté avec la relégation. Maurice Cohen est revenu pour apporter davantage de stabilité à la direction opérationnelle. Sur le papier, cette nouvelle organisation devait symboliser un nouveau départ. Dans les faits, elle se retrouve confrontée à un défi bien plus vaste que le simple recrutement de joueurs.
Car tout est désormais lié. Les ventes conditionnent les arrivées. Les contraintes financières limitent les ambitions sportives. Et l’incertitude qui entoure de nouveau Ineos nourrit inévitablement les interrogations sur la direction que prendra le club dans les prochains mois. Construire un projet cohérent devient plus difficile lorsque personne ne peut affirmer avec certitude qui pilotera l’OGC Nice à moyen terme.
Pour les supporters, cette situation ravive un sentiment qu’ils espéraient ne plus revivre. Après avoir sauvé leur place en Ligue 1 au terme des barrages, beaucoup imaginaient que cet été marquerait enfin le début d’une véritable reconstruction. Au lieu de cela, le mercato avance lentement, les renforts se font attendre et les questions autour de l’actionnaire principal reviennent déjà occuper le devant de la scène.
Les prochains jours devraient apporter des réponses importantes. La première concerne les intentions réelles d’Ineos et la possibilité d’un nouveau processus de vente. La seconde sera la capacité du club à transformer ses dossiers de départ en ventes concrètes afin de dégager les ressources nécessaires pour enfin accélérer son recrutement.
Une chose semble toutefois déjà certaine. Tant que ces deux questions resteront sans réponse, chaque rumeur de transfert, chaque départ et chaque arrivée seront interprétés à travers le même prisme. Plus qu’un simple mercato, c’est aujourd’hui la crédibilité du projet niçois qui est observée de près. Et pour un club qui espérait tourner la page d’une saison cauchemardesque, retrouver la confiance de ses supporters est peut-être devenu le premier défi à relever.