Un contrat signé. Une parole donnée. Puis un départ vers l’Olympique de Marseille.
Plus d’un mois après ce revirement spectaculaire, l’OGC Nice refuse toujours de tourner la page. Convaincu d’avoir été lésé, le Gym a décidé de porter l’affaire devant la justice. Mais au-delà de la procédure, une question continue d’agiter les supporters : combien cette décision a-t-elle réellement coûté à Nice en plein cœur du mercato ?
Grégory Lorenzi devait devenir le nouveau directeur sportif de l’OGC Nice. Son contrat avait déjà été signé et son arrivée semblait acquise. Pourtant, au dernier moment, il a choisi de rejoindre l’OM, obligeant le Gym à revoir toute son organisation alors que le marché des transferts entrait dans sa période la plus décisive.
Lors de la conférence de presse de rentrée, le président Maurice Cohen n’a laissé planer aucun doute sur la position du club.
« Le club veut se faire respecter. Nous, on ne nous fait pas de cadeaux. Il avait signé son contrat et il a changé d’avis. On a décidé de l’assigner au tribunal. »
La première audience est prévue en septembre. Pour Nice, cette procédure dépasse largement la question d’une éventuelle indemnisation. Le club veut affirmer qu’un engagement signé doit être respecté, quelles que soient les circonstances.
L’affaire est d’autant plus sensible que Lorenzi a finalement choisi Marseille. Pour de nombreux supporters niçois, ce n’est pas un simple changement d’employeur. C’est un revers symbolique qui intervient au pire moment. Pendant que l’OM avançait avec le dirigeant qu’il convoitait, Nice se retrouvait sans directeur sportif au moment où chaque journée pouvait faire basculer des négociations importantes.
Et c’est peut-être là que se trouve le véritable coût de cette affaire.
Au moment où le Gym devait accélérer son mercato, le club devait également générer près de 40 millions d’euros de ventes, gérer plusieurs dossiers majeurs, préparer l’arrivée d’un nouvel entraîneur et poser les bases de son nouveau projet sportif. Au lieu de cela, les dirigeants ont dû relancer la recherche d’un directeur sportif, retardant une organisation qui aurait dû être pleinement opérationnelle.
L’histoire ne s’est pas arrêtée avec Lorenzi. Geoffrey Moncada est ensuite apparu comme une alternative crédible. Les discussions ont été longues et avancées, comme l’a confirmé Maurice Cohen. Mais elles n’ont finalement pas abouti. Ce nouvel échec a prolongé plusieurs semaines d’incertitude avant que Nice ne confie finalement cette mission à Roger Ricort.
Dans un mercato, quelques semaines peuvent suffire à faire basculer plusieurs dossiers. Plus les décisions sont retardées, plus les opportunités disparaissent. Pendant que Nice cherchait encore son directeur sportif, d’autres clubs finalisaient leurs recrutements. Pour beaucoup de supporters, cette perte de temps est aujourd’hui plus préoccupante que la procédure judiciaire elle-même.
Le tribunal dira en septembre si Nice a été victime d’une rupture abusive de ses engagements. Mais même une décision favorable ne rendra jamais les semaines perdues pendant une période aussi stratégique.
Le véritable verdict sera peut-être sportif.
Si Roger Ricort parvient à bâtir un effectif capable d’atteindre les ambitions du Gym, ce début d’été chaotique sera vite oublié. En revanche, si Nice rate son mercato ou connaît un début de saison difficile, beaucoup se demanderont si tout n’a pas commencé le jour où celui qui devait diriger le projet niçois a finalement choisi Marseille.