Pendant que plusieurs clubs de Ligue 1 accélèrent leurs recrutements estivaux, l’OGC Nice continue d’attendre. Pas par choix, mais par nécessité. Avant de pouvoir lancer véritablement son mercato, le Gym doit d’abord atteindre un objectif devenu central dans toutes les discussions : générer près de 40 millions d’euros grâce aux ventes.
Sur le papier, l’été niçois devait marquer le début d’un nouveau cycle. Olivier Pantaloni est arrivé avec la mission de reconstruire une équipe fragilisée par une saison particulièrement éprouvante. Roger Ricort a pris les commandes de la direction sportive. Le discours officiel évoque un nouveau départ et une volonté de repartir sur des bases plus solides.
Mais derrière ce projet se cache une réalité beaucoup plus contraignante : sans ventes importantes, aucun véritable renfort ne pourra être recruté.
À ce jour, Laurent Abergel reste l’unique recrue enregistrée par le club. Une arrivée libre qui illustre parfaitement la prudence imposée par la situation financière actuelle. Nice ne peut pas se permettre d’investir tant que les recettes attendues ne sont pas au rendez-vous.
Et c’est précisément là que le problème commence.
Le club dispose d’à peine quelques semaines pour débloquer une situation qui pourrait rapidement devenir préoccupante sur le plan sportif. Car dans les faits, la date du 1er septembre ne représente pas la véritable échéance. Pour intégrer de nouveaux joueurs, leur permettre d’assimiler les principes de Pantaloni et construire un collectif compétitif avant le début du championnat, les ventes doivent intervenir bien avant la fermeture officielle du mercato.
Chaque semaine qui passe réduit donc un peu plus la marge de manœuvre du Gym.
Pour atteindre les 40 millions d’euros recherchés, les petits transferts ne suffiront pas. Le départ de Gabin Bernardeau vers Lorient a permis une première rentrée d’argent, mais celle-ci reste largement insuffisante face aux besoins du club. Les dirigeants savent que l’essentiel des recettes devra provenir de joueurs disposant d’une valeur marchande importante.
C’est pourquoi plusieurs cadres de l’effectif apparaissent aujourd’hui comme de potentiels candidats à un départ. Mohamed-Ali Cho figure parmi les joueurs susceptibles d’attirer des offres significatives sur le marché. Hicham Boudaoui conserve une cote élevée grâce à sa régularité et à son expérience en Ligue 1. Melvin Bard possède lui aussi un profil capable d’intéresser plusieurs clubs. Sofiane Diop, Morgan Sanson et Terem Moffi font également partie des joueurs dont la situation sera suivie avec attention au cours des prochaines semaines.
Cela ne signifie pas que tous quitteront l’Allianz Riviera. Mais cela montre à quel point l’équation économique du club pourrait influencer les décisions sportives de cet été.
Le véritable danger pour Nice n’est pas seulement de vendre. Il est de vendre trop tard.
Si les départs n’interviennent qu’en fin de mercato, le club pourrait certes récupérer les fonds nécessaires, mais au moment où une partie des meilleures opportunités aura déjà disparu. Les recrues ciblées pourraient avoir rejoint d’autres équipes. Les négociations deviendraient plus compliquées. Et Pantaloni risquerait de commencer la saison avec un groupe qu’il n’aura pas eu le temps de façonner.
Ce scénario est loin d’être théorique. De nombreux clubs ont déjà payé le prix de mercatos retardés par des ventes tardives. Nice cherche précisément à éviter ce piège. Mais pour cela, les prochains dossiers devront rapidement avancer.
L’enjeu dépasse largement une simple question de comptabilité. Ce qui se joue aujourd’hui concerne directement la capacité du club à rebondir après une saison qui a laissé de profondes traces. La reconstruction promise par la nouvelle direction ne pourra réellement commencer que lorsque les moyens nécessaires seront enfin disponibles.
Le paradoxe est frappant : Nice dispose d’un nouvel entraîneur, d’un nouveau directeur sportif et d’une ambition affichée de repartir vers l’avant. Pourtant, l’ensemble du projet reste suspendu à une condition préalable. Trouver 40 millions d’euros avant qu’il ne soit trop tard.
Les prochaines semaines pourraient donc déterminer bien plus que le visage du mercato niçois. Elles pourraient définir le niveau de compétitivité du Gym pour toute la saison à venir.