Le mercato se juge rarement à son premier recrutement. Il se juge à la cohérence d’un projet. C’est précisément le défi auquel l’OGC Nice est confronté aujourd’hui. Si l’arrivée de Laurent Abergel apporte une première réponse aux besoins du milieu de terrain, elle ne suffit pas à masquer la véritable question qui anime les supporters : le Gym est-il réellement en train de construire une équipe capable de franchir un cap, ou simplement de gérer les contraintes du marché ?
Depuis le début de l’été, le club avance avec prudence. Plusieurs joueurs sont revenus de prêt, certains cadres ont quitté l’effectif et d’autres dossiers restent ouverts. Cette situation donne l’impression d’un mercato en mouvement permanent, mais encore loin d’être achevé. La direction sportive doit composer avec un équilibre délicat entre les arrivées souhaitées et les ventes qui pourraient financer la suite du recrutement.
C’est là que réside le véritable pari de Nice.
Les dirigeants semblent privilégier une stratégie de maîtrise financière plutôt qu’une succession de signatures spectaculaires. Cette approche peut s’avérer payante si les bonnes opportunités se présentent au bon moment. En revanche, si le club attend trop longtemps pour débloquer certains départs, il pourrait voir plusieurs cibles lui échapper au profit de concurrents capables d’agir plus rapidement.
Le marché des transferts ne récompense pas l’hésitation. Les meilleurs profils disponibles trouvent rarement preneur au dernier moment, surtout lorsque plusieurs clubs européens sont positionnés sur les mêmes dossiers. Nice doit donc éviter que son mercato soit dicté par les circonstances plutôt que par une véritable planification.
Le départ à la retraite de Dante illustre parfaitement l’ampleur du chantier. Remplacer son leadership sera aussi important que remplacer ses qualités défensives. Pendant plusieurs saisons, le Brésilien a représenté bien plus qu’un défenseur central. Il incarnait une référence dans le vestiaire, un relais naturel du staff technique et un joueur capable d’apporter du calme dans les moments de tension. Ce type de profil ne se remplace pas uniquement par un transfert.
Le retour de joueurs comme Jérémie Boga, Terem Moffi ou Mattia Viti élargit les possibilités de l’entraîneur pendant la préparation estivale. Mais leur avenir reste lié aux décisions qui seront prises dans les prochaines semaines. Le club devra déterminer quels joueurs s’inscrivent réellement dans le projet sportif et lesquels pourraient être concernés par un départ afin de financer de nouvelles arrivées.
Pour les supporters, l’impatience ne vient pas uniquement du manque de recrues. Elle vient surtout de l’absence de visibilité. Les ambitions affichées par Nice devront rapidement être accompagnées d’actes. Les prochaines semaines seront décisives pour savoir si le Gym peut réellement viser les premières places ou s’il devra, une nouvelle fois, composer avec un effectif construit tardivement.
Le plus grand risque n’est donc pas de manquer une recrue en particulier. Il est de perdre un temps précieux pendant que les concurrents prennent de l’avance dans leur préparation et renforcent déjà leurs effectifs. Les premiers matches de la saison ne pardonnent généralement pas les automatismes construits dans l’urgence.
Ce mercato pourrait ainsi devenir le tournant de toute la saison niçoise. Si les dirigeants parviennent à accélérer les dossiers prioritaires tout en conservant l’équilibre économique du club, le pari sera réussi. Dans le cas contraire, les premières semaines de championnat pourraient rapidement faire naître les mêmes interrogations que celles qui accompagnent déjà ce début d’été.