15 août 2026
Deux matchs. Deux défaites. Zéro point.
Nantes pouvait difficilement imaginer pire départ pour sa saison de remontée en Ligue 1. Et après seulement deux journées, une question que le club aurait préféré éviter pendant plusieurs semaines commence déjà à émerger : Michel Der Zakarian aura-t-il réellement le temps de reconstruire les Canaris ?
Battu 0-1 par le Red Star à la Beaujoire lors de la première journée, Nantes s’est ensuite incliné 2-1 à Laval vendredi soir. Les Canaris sont désormais la seule équipe de Ligue 2 à compter zéro point après deux journées.
Le classement, à ce stade de la saison, ne suffit évidemment pas à tirer des conclusions définitives. Mais selon Emmanuel Merceron, les premières interrogations sur la situation de Der Zakarian auraient déjà commencé à apparaître en interne. Et c’est cette information qui donne une tout autre dimension au début de saison nantais.
Il y a encore une semaine, le retour de Der Zakarian devait justement apporter de la stabilité. Après la relégation, Nantes avait choisi un entraîneur qui connaît le club, la pression qui l’entoure et les exigences du haut niveau. Le chantier était important, mais le message était clair : reconstruire rapidement et viser immédiatement la remontée.
Le problème, c’est que Nantes n’a encore pris aucun point.
Contre le Red Star, les Canaris avaient livré une prestation particulièrement décevante, marquée par la nervosité et les approximations. À Laval, le contenu était plus encourageant, mais Nantes n’a pas su convertir ses temps forts et a fini par concéder le but de la défaite dans les dernières secondes.
Deux matchs, deux scénarios différents, mais une même conclusion : Nantes n’a toujours pas trouvé le moyen de gagner.
Il faut cependant rester prudent. Rien ne permet aujourd’hui d’affirmer que le club prépare le départ de Der Zakarian ou qu’un licenciement serait imminent. L’information rapportée par Merceron est plus nuancée : la direction commencerait déjà à évaluer la situation.
Mais après seulement deux journées, le simple fait que cette réflexion puisse exister est déjà un signal.
Der Zakarian était censé incarner la stabilité. Or son projet est déjà confronté à une pression que personne ne souhaitait voir apparaître aussi tôt. Le problème n’est donc pas encore de savoir si l’entraîneur va être licencié.
La vraie question est de savoir combien de temps Nantes acceptera encore d’attendre si les résultats continuent de ne pas suivre.
Le prochain rendez-vous contre Rodez, à la Beaujoire, prend ainsi une importance particulière. Une victoire ne réglerait évidemment pas tous les problèmes, mais elle permettrait de stopper la série, de donner de l’air à Der Zakarian et surtout de calmer les premières interrogations.
Une troisième défaite consécutive changerait en revanche complètement la perception de ce début de saison.
Trois matchs, trois défaites, zéro point.
À ce moment-là, il deviendrait beaucoup plus difficile de parler simplement d’un mauvais départ. La pression sur l’entraîneur augmenterait forcément, tout comme celle sur la direction nantaise, qui devrait alors expliquer jusqu’où va réellement sa patience.
C’est tout le paradoxe de la situation.
Nantes a besoin de temps pour reconstruire après sa relégation. Mais pour obtenir ce temps, le club doit rapidement commencer à gagner.
Der Zakarian n’est évidemment pas condamné après deux journées. Ce serait prématuré et intellectuellement malhonnête de le prétendre.
Mais il serait tout aussi naïf de faire comme si ces deux défaites n’avaient aucune conséquence.
Il y a quelques jours encore, son retour devait symboliser le début d’une reconstruction maîtrisée.
Aujourd’hui, sa première mission est déjà devenue plus urgente : empêcher cette reconstruction de se transformer en crise.
Et contre Rodez, Nantes devra surtout prouver une chose : que ces deux défaites ne sont encore qu’une alerte, et pas le début d’une spirale.